Arrêter de fumer sans volonté
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Mon histoire

Tout a commencé en fumant une Benson & Hedges, à l'époque dans un paquet doré, alors que j'était plutôt habitué aux Marlboro. J'ai trouvé qu'il y avait un goût que je ne connaissais pas, j'avais l'impression de fumer du parfum.
 
Ce qui m'a donné l'envie, a contrario, de passer à des cigarettes sans additif parfumé, donc sans « agent de saveur », et dans le fond pourquoi pas sans « agent de texture » puisque personne ne sait à quoi ça sert.
 
Est ensuite arrivée une époque où, comme je fumais au bureau, j'ai cherché à minimiser les désagréments pour mes collègues. Or le mégot froid est une puanteur : 1 seul mégot suffit à empuantir la pièce. J'ai réalisé, je ne sais plus à quelle occasion, que les mégots de cigarettes roulées n'ont pas cette puanteur. Est-ce le filtre ? Est-ce le papier ? Je ne sais pourquoi, ils se font oublier.
 
C'est ainsi que j'ai commencé à rouler mes cigarettes avec du Fleur du Pays ou du Domingo.
 
Et puis est arrivée une époque où j'ai dû aller de temps à autre en avion à New-York, l'hiver. J'avais l'habitude, tous les fumeurs qui ont pris l'avion se reconnaîtront, d'ingurgiter 2 ou 3 cigarettes de suite à la sortie de l'aéroport, pour compenser ces longues heures d'interdiction associées au vol en avion.
 
Là, non, au contraire. Une demi-cigarette et hop le taxi. Quand on habite à l'hôtel, à New York, fumer devient toute une expédition, puisqu'il faut descendre d'un gratte-ciel pour passer ses 5 minutes de fumerie. Et j'ai réalisé que j'arrivais très bien à m'en passer : surtout, je me suis aperçu que si à un moment donné je n'ai pas le courage de descendre fumer, l'envie ne va pas commencer à me harceler, au contraire, elle va se calmer — quitte à revenir quelques moment ou quelques heures plus tard.
 
Du coup, de plus en plus j'ai pris l'habitude de ne pas prendre mon matériel de fumeur sur moi en partant en voyage. Si l'envie me venait malgré tout de fumer après quelques heures ou quelques jours de séjour, c'était toujours possible d'acheter des cigarettes, donc pourquoi emporter son propre matériel.
 
Et c'est ainsi qu'un beau soir d'été où je préparais mes affaires pour partir en Sicile en avion (j'habite Paris) pour les vacances, j'hésitais — j'avais un superbe briquet-torche : est-ce que je le mets dans ma poche ? À coup sûr les mecs du contrôle vont me le « confisquer » au cas où je m'en servirais à des fins terroristes. Est-ce que je le mets dans ma valise, dans une poche extérieure ? À coup sûr les manutentionnaires des bagages vont le détecter et me le taxer. Bon, je le mets au fond de la valise. Ah ben non je peux pas, si je le mets dans le fond de la valise comment je fais ce soir pour fumer encore ?
 
Tant et si bien que je me suis dit, ras-le-bol, j'achèterai du tabac et du feu en Sicile, je suis parti sans, et je n'ai rien racheté une fois là-bas.
 
Pour ceux qui s'interrogent, j'était très bien nourri, est-ce que ça m'a aidé ? Ou sont-ce mes activités sportives, à savoir 20 minutes de bain de mer chaque jour ? Ou le fait d'être accompagné uniquement de non-fumeurs ? Ou la chaleur ? Quoi qu'il en soit jamais je n'ai eu envie d'une cigarette — j'en suis sûr, parce que si j'en avais eu envie, étant donné que je n'ai aucune volonté, j'aurais pris la voiture et je serais allé en acheter !
 
Depuis, plus aucune envie de cloper. Pour la petite histoire, aucun dégoût ni aucune gêne quand quelqu'un d'autre fume : juste, ce n'est plus un truc qui m'intéresse.